Accueil | Nyd Pharma | Votre Santé | Dossier Santé | L'asthme

L’asthme


I - L’asthme : qu’est-ce que c’est ?


L'asthme est une maladie caractérisée par une inflammation plus ou moins grave des voies respiratoires, et surtout des bronches et des bronchioles. Elle se traduit par une difficulté à respirer, un essoufflement, une respiration sifflante ou une sensation d’oppression dans la poitrine.

L’asthme est une maladie chronique, qui se manifeste le plus souvent par des crises entrecoupées de périodes où la respiration est normale. Chez certaines personnes, cependant, l’asthme induit une gêne respiratoire permanente, qui interfère avec les activités quotidiennes.

L’asthme est souvent lié à une réaction anormale des voies aériennes à divers stimuli (des allergènes dans l’air, de la fumée, etc.).


La crise d’asthme

La crise d’asthme correspond à l’aggravation subite des symptômes. Chez de nombreuses personnes, l’asthme ne se manifeste que par des crises occasionnelles, la respiration étant normale en dehors des crises.

Une crise d’asthme commence souvent par une toux sèche, suivie d'une difficulté à respirer, qui provoque une respiration sifflante clairement audible. Elle s’accompagne habituellement d’expectorations de mucus (toux et crachats).

Durant une crise, l’ouverture des bronches est réduite en raison d’une importante réaction inflammatoire et d’une contraction des muscles de la paroi des bronches.

Les crises peuvent être calmées efficacement par les médicaments. Cependant, elles sont potentiellement dangereuses, surtout chez les personnes fragiles (personnes âgées, souffrant d’une infection respiratoire, etc.).


Causes

Les causes de l’asthme ne sont pas bien connues. On sait qu’elles seraient à la fois génétiques et environnementales.

L’inflammation des voies respiratoires se traduit par la production d’un mucus épais à l’intérieur des bronches, ce qui gêne la circulation de l’air. Parallèlement, les muscles autour des bronches se contractent, entraînant la « fermeture » des bronches (bronchospasme). C’est ce qui provoque la gêne respiratoire.

L’asthme est souvent associé à des allergies respiratoires, mais il n’est pas toujours d’origine allergique. Chez les personnes asthmatiques, on retrouve une sensibilité excessive des bronches (hyperréactivité) à une ou plusieurs substances.

Les facteurs suivants peuvent contribuer à déclencher une crise d’asthme ou à aggraver la gêne respiratoire, mais ils ne sont pas la cause de l’asthme.

  • Des allergènes aériens (poussières, pollen, poils d’animaux, acariens).
  • Des polluants aériens (irritants en milieu de travail, fumée de feu de bois, gaz d'échappement, pollution atmosphérique, etc.).
  • La fumée du tabac.
  • Des aliments (allergies alimentaires) ou des additifs alimentaires, comme les sulfites.
  • Certains médicaments (aspirine et autres médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens, bêta-bloquants utilisés pour les problèmes cardiaques ou l’hypertension).
  • Des infections des voies respiratoires (rhume, bronchite, sinusite, etc.), car elles engendrent une inflammation.
  • L’exercice physique, surtout s’il est pratiqué à l’extérieur en hiver, par temps froid et sec.
  • Des émotions fortes (rires, pleurs, colère, excitation), surtout chez les enfants.

Gravité

Chez certaines personnes, les crises d’asthme sont rares et n’ont pas de répercussions graves sur la vie quotidienne. Cependant, l’asthme peut devenir plus grave lorsque les crises sont fréquentes et les symptômes, intenses. Dans certains cas, les difficultés respiratoires et l’essoufflement persistent même entre les crises.

Voici quelques signes d'un asthme grave ou mal contrôlé :

  • des symptômes durant la nuit;
  • la limitation des activités durant le jour;
  • le besoin d'utiliser des inhalateurs plusieurs fois par jour ou durant la nuit;
  • des crises qui demandent une hospitalisation.

Complications possibles

Un asthme mal contrôlé peut provoquer des symptômes permanents. Exceptionnellement, il peut dégénérer au point de causer une détresse respiratoire et mettre en danger la vie des gens qui en souffrent. Chaque année, au Canada, environ 20 enfants et 500 adultes meurent des suites d’une crise d’asthme. La plupart de ces décès pourraient être évités par une bonne gestion de la maladie.

Ainsi, l’immense majorité des personnes asthmatiques peuvent vivre tout à fait normalement, à condition de bien suivre leur traitement. Par ailleurs, il est rare que les crises surviennent brutalement sans signe annonciateur. Apprendre à reconnaître ces signes permet d’agir à temps pour réduire la gravité des crises.


II - Les symptômes de l’asthme


Les symptômes peuvent être intermittents ou persistants. Ils peuvent apparaître après un exercice physique ou en présence d’un autre facteur déclencheur, et ils sont généralement plus marqués la nuit et au petit matin.

  • Une difficulté à respirer ou un essoufflement (dyspnée)
  • Une respiration sifflante
  • Une sensation de serrement, d’oppression thoracique
  • Une toux sèche

Note : pour certaines personnes, l'asthme se traduit seulement par une toux persistante qui apparaît souvent au coucher ou après un effort physique.


Signaux d’alarme en cas de crise

En cas de crise d’asthme, les symptômes décrits ci-dessus s’aggravent. Si, en plus, vous ressentez les symptômes suivants, il est impératif d’appeler les secours ou de vous rendre à l’urgence, afin de contrôler la crise au plus vite :

  • Des sueurs;
  • Une augmentation du rythme cardiaque;
  • Des difficultés à parler ou à tousser;
  • Une grande anxiété, de la confusion et de l’agitation (surtout chez les enfants);
  • Une coloration bleutée des doigts ou des lèvres;
  • Des troubles de la conscience (somnolence);
  • Le médicament de crise, habituellement efficace, ne semble pas fonctionner.

III - Les personnes et facteurs de risque d’asthme


Personnes à risque

  • Les personnes ayant une prédisposition génétique aux allergies ou ayant des parents ou des frères et sœurs asthmatiques.
  • Les personnes qui étaient de petit poids à la naissance.
  • Les personnes fréquemment exposées, dans leur milieu de travail, à des produits chimiques, par exemple à de la peinture, des produits de coiffure, des métaux, des plastiques, etc.
  • Les personnes obèses.
  • Les personnes atteintes de reflux gastro-oesophagien. Même si le reflux n’est pas une cause d’asthme, il est considéré comme un facteur d’aggravation, voire un facteur déclencheur des symptômes d’asthme.

Facteurs de risque

L'augmentation du nombre d'asthmatiques, ces dernières décennies, pourrait être attribuable aux facteurs suivants :

  • La pollution. De plus en plus de personnes vivent au coeur de zones urbaines, où la pollution de l’air est importante, et les périodes de smog, de plus en plus fréquentes.
  • L’exposition à la fumée de tabac. Le tabagisme chez la mère, durant la grossesse, augmente aussi le risque d’asthme chez l’enfant.
  • Le tabagisme actif et passif irrite les voies respiratoires et aggrave l’asthme.

IV - La prévention de l’asthme


Peut-on prévenir ?

Il n’y a pas de traitement qui permet de faire disparaître l’asthme. Il arrive parfois que la maladie s’atténue voire disparaisse d’elle-même, mais les symptômes sont le plus souvent chroniques.

Pour le moment, la seule mesure préventive de base reconnue consiste à éviter le tabagisme et la fumée secondaire. La fumée de tabac irrite les voies respiratoires, ce qui crée un terrain propice aux maladies respiratoires. Autrement, on ne connaît pas de mesure qui permette de prévenir l’asthme; il n'existe pas de consensus médical à cet égard.

Néanmoins, la communauté médicale explore diverses pistes de prévention en ce qui concerne l’asthme causé par des allergies. Elles pourraient surtout intéresser les parents atteints d'allergies qui désirent réduire le risque que leur enfant en souffre aussi.


Mesures de dépistage précoce

Il est possible de détecter l’asthme au début de son apparition grâce à des tests de spirométrie. Il s’agit d’un ensemble de mesures de la capacité des poumons (par exemple, les volumes et les débits d’air qui circulent dans les poumons à l’inspiration et à l’expiration), réalisées à l’aide d’un spiromètre. Pour le patient, il suffit de souffler dans un petit appareil électronique muni d’un embout. La spirométrie est utilisée depuis plusieurs années dans le diagnostic de l’asthme et de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Son usage en dépistage a été découvert plus récemment. Cet examen est effectué sur ordonnance du médecin, dans une clinique médicale ou un hôpital. Des médecins le recommandent aux fumeurs âgés de 40 ans et plus, pour dépister le plus tôt possible une maladie pulmonaire et limiter son aggravation.


Mesures pour réduire l’intensité et la fréquence des crises

  • Traitement de désensibilisation :

Lorsque l’asthme est fortement lié à des allergies, un traitement de désensibilisation peut aider à prévenir les crises d’asthme. Pour ce faire, des tests d’allergie doivent être entrepris afin de découvrir la substance qui déclenche les symptômes.

  • Mesures générales :

Élaborer un plan d'action. Avec le médecin, découvrir les facteurs qui provoquent les crises et les éviter au maximum : des allergies, des activités, des comportements, etc. Être attentif aux signes précurseurs d’une aggravation de l'asthme, afin de pouvoir agir rapidement selon les conseils du médecin. Ces signes peuvent varier d’une personne à l’autre :

  • Toux sèche ou respiration sifflante;
  • Essoufflement;
  • Oppression dans la poitrine;
  • Symptômes survenant la nuit;
  • Utilisation plus fréquente du médicament de crise (pompe);
  • Si vous utilisez un débitmètre, la baisse du débit de pointe est un signe annonciateur d’une exacerbation.

Il est important de toujours avoir son médicament sur soi, pour pouvoir soulager les symptômes dès le début de la crise et prévenir son aggravation. À l’école aussi, les enfants asthmatiques doivent avoir leur inhalateur à portée de main. Si votre enfant est asthmatique, il est bon d’en avertir les enseignants pour améliorer la prise en charge de l’enfant en cas de crise.

Contrôler la moisissure, la présence d'animaux, les pollens et les autres irritants respiratoires, surtout si l’asthme est d’origine allergique.

  • La moisissure se retrouve dans les pièces humides et trop isolées; pour la combattre, s'assurer que les pièces sont bien ventilées;
  • En cas d'allergie aux animaux, la solution à envisager est de retirer les animaux de la maison ou d’opter pour des animaux qui ne causent pas d’allergie;
  • Éviter de s'exposer au pollen en gardant fermées les fenêtres de la maison. S'assurer que les filtres des appareils de ventilation intérieure sont propres pour bien recycler l'air intérieur;
  • Éviter de s'exposer aux irritants respiratoires.

Contrôler les acariens (mites de poussière). Les acariens se nourrissent principalement de particules de peau morte et croissent en milieu chaud et humide. En cas d'allergie :

  • Utiliser un recouvrement antiacarien pour le matelas et les oreillers;
  • Laver la literie à l'eau très chaude au moins 2 fois par mois;
  • On peut également tuer les acariens en sortant le matelas au grand air par une température d'au plus 10 ºC, ou l'exposer au rayonnement solaire direct.

Surveiller le taux d'humidité. Maintenir un taux d'humidité autour de 45 % dans la maison et dans la chambre à coucher.

Contrôler la poussière. Le contrôle de la poussière dans la chambre à coucher est un élément stratégique fondamental.

  • Maintenir la penderie propre.
  • Éviter les tentures et les stores horizontaux qui ramassent la poussière.
  • Éviter les tapis, sinon y passer fréquemment l'aspirateur et les laver à la vapeur régulièrement.
  • Éviter les couvertures de laine et les édredons en plumes.
  • Laver les peluches, toutous et poupées chaque fois que vous lavez la literie.

Éviter l'exposition à la fumée de tabac. Il est recommandé d'éviter le plus possible les endroits enfumés. Les parents d’enfants asthmatiques ou les personnes asthmatiques doivent tout faire pour arrêter de fumer, car la fumée est un irritant qui aggrave considérablement l’asthme.

Éviter de sortir en cas de pic de pollution. Les asthmatiques devraient limiter les sorties et surtout l'effort physique en cas de pic de pollution ou de smog.

Être vigilant vis-à-vis des médicaments. Il est bien connu que l'acide acétylsalicylique (Aspirine®), utilisé pour soulager la douleur et la fièvre, peut provoquer des crises chez certains asthmatiques. D’autres médicaments de cette classe pourraient aussi déclencher des crises. Pour la même raison, les bêta-bloquants, utilisés contre certaines maladies cardiaques ou contre l’hypertension, sont contre-indiqués chez les asthmatiques. Il faut donc être vigilant. Lorsque vous souhaitez prendre des médicaments (même ceux qui paraissent « anodins » contre le rhume ou la grippe), vous devez consulter un médecin ou un pharmacien.

Faire de l'exercice. Les gens qui ont un asthme bien maîtrisé ne devraient pas cesser de faire des activités physiques, au contraire! La pratique régulière d'un exercice modéré à l'air libre et d'exercices de respiration est recommandée. Un entraînement régulier permet d’améliorer la capacité pulmonaire et la dilatation des bronches et de faire reculer peu à peu le seuil d’apparition de l’asthme lié à l’effort. En 2010, un essai clinique mené sur une centaine de patients asthmatiques a montré qu’un entraînement régulier d’aérobie permettait de diminuer nettement les symptômes respiratoires. En outre, l’activité physique permet, à tous les âges, d’améliorer la qualité de vie et de diminuer le stress. Il faut toutefois savoir que les sports individuels et d’endurance provoquent davantage d’asthme que les sports collectifs. L'asthme peut être en partie prévenu en effectuant une période d’échauffement avant un effort soutenu et en diminuant progressivement l'effort à la fin de la période d'exercice. Les personnes qui réagissent à l'air froid et sec peuvent se couvrir la bouche et le nez avec une écharpe, ce qui permettra de réchauffer et d’humidifier l'air inspiré. Si ces mesures préventives ne suffisent pas, l'emploi d'un bronchodilatateur en inhalation de 10 à 15 minutes avant l'exercice est indiqué. Si l’asthme lié à l’effort est trop important, cela peut signifier que le traitement global est mal adapté. Il faut alors en parler avec son médecin.


V - Le traitement de l'asthme


L’asthme est une maladie chronique qui nécessite dans bien des cas un traitement régulier, même entre les crises. Les médicaments pour contrôler l’asthme n’apportent pas de guérison définitive. Ils facilitent la respiration en augmentant l’ouverture des bronches et en réduisant l’inflammation. La plupart d’entre eux se prennent par inhalation, ce qui leur permet d’agir rapidement, avec le moins d’effets indésirables possible. Le médecin tente également de donner la dose la plus petite de médicaments pour un contrôle acceptable des symptômes sans trop d’effets secondaires.

Pourtant, malgré l’efficacité des traitements, 6 personnes asthmatiques sur 10 ne parviennent pas à contrôler leurs symptômes. Les causes principales sont la mauvaise compréhension de la maladie, la peur des effets secondaires et l’oubli des médicaments. Or, les effets secondaires des traitements pris par inhalation sont minimes comparés aux risques liés à des crises d’asthme graves et fréquentes.

Technique d’inhalation : l’utilisation des inhalateurs paraît simple, mais elle demande une certaine technique pour être efficace. Or, moins de la moitié des asthmatiques utilisent correctement leur inhalateur. Les différents inhalateurs (aérosols doseurs, inhalateurs de poudre sèche et nébuliseurs) ont chacun un mode d’utilisation particulier. Le médecin et le pharmacien peuvent vous expliquer les bons gestes.

  • Aérosols doseurs. Il faut bien secouer l’aérosol et le tenir verticalement. Après avoir vidé doucement les poumons, inspirer lentement et très profondément par la bouche en déclenchant l’aérosol au cours de la première seconde d’inspiration. Il faut ensuite retenir sa respiration pendant 5 à 10 secondes, puis expirer lentement.
  • Inhalateurs de poudre sèche. Ces systèmes sont plus simples à utiliser, car ils ne demandent pas de coordonner l’inspiration et le déclenchement. Il faut inspirer le plus fort et vite possible, bloquer sa respiration 10 secondes et expirer à l’extérieur de l’inhalateur.
  • Chambres d’inhalation. Elles sont utilisées avec un aérosol doseur chez les enfants de moins de 8 ans et les personnes âgées. Chez les jeunes enfants, l’inhalation se fait avec un masque facial, qui doit être maintenu sur le visage pendant au moins 6 respirations calmes.

La personne asthmatique est de plus en plus mise à contribution dans le suivi de sa condition respiratoire. Par exemple, chez les personnes qui ont un asthme grave, des instruments permettent de surveiller, à domicile, le débit de pointe (peak flow) ou encore le volume expiratoire maximal expulsé en 1 seconde. Cela permet à la personne d’ajuster elle-même sa médication, selon les résultats. Une formation doit avoir été suivie au préalable.

Médicaments

Il existe 2 catégories de médicaments permettant de contrôler les symptômes de l’asthme. Les premiers, appelés médicaments de crise ou de secours, doivent être pris en cas de symptômes. Ils ont une action de soulagement immédiate, mais ne permettent pas de calmer l’inflammation des bronches.

Les autres médicaments constituent le traitement de contrôle ou de fond. Ils doivent être pris tous les jours, même en l’absence de gêne respiratoire dès que l’asthme est modéré et persistant. Ils permettent de diminuer l’inflammation des bronches et d’espacer les crises. S’ils ne sont pas pris régulièrement, la fréquence et la gravité des crises augmentent, ainsi que le besoin de recourir aux médicaments de secours.

De nombreuses personnes asthmatiques ne comprennent pas bien la différence entre le traitement de crise et le traitement de contrôle. Assurez-vous d’avoir bien compris à quoi sert chacun de vos médicaments et avec quelle fréquence vous devez les utiliser.

Le traitement de crise (ou de secours)

Les médicaments de crise sont désignés par différents termes, notamment bronchodilatateurs à action rapide ou agonistes-bêta2. Ils sont utilisés uniquement pour soulager les symptômes de crise (toux, oppression thoracique, respiration sifflante et essoufflement) ou avant un exercice physique selon les indications du médecin. En cas d’asthme léger et intermittent, le traitement de crise peut être le seul médicament nécessaire.

Ces médicaments comprennent le salbutamol, le fénoterol, la terbutaline. Ils se prennent par inhalation et ouvrent les voies respiratoires presque instantanément. Ils n'entraînent généralement pas d'effets indésirables s’ils sont bien utilisés. À trop forte dose, ils peuvent entraîner tremblements, nervosité et accélération du rythme cardiaque. Lorsqu’on sent le besoin d’en prendre souvent (plus de 3 fois par semaine généralement), cela signifie que l’asthme n’est pas suffisamment maîtrisé. Il faut alors avoir recours à des médicaments de contrôle pour traiter l’inflammation.

Il est important d’avoir toujours son bronchodilatateur sur soi, car une crise d’asthme peut survenir n’importe où. Il faut le prendre dès les premiers symptômes de crise et attendre au moins 30 secondes entre 2 inhalations.

Bromure d'ipratropium en inhalation (rarement). Il s'agit d'un anticholinergique qui bloque l'action d'une substance chimique provoquant la contraction du muscle des voies respiratoires. Moins efficace que les agonistes-bêta2 en inhalation, il est parfois utilisé en cas d’intolérance à ceux-ci. Il faut attendre 1 à 2 heures pour obtenir un effet maximal.

Les médicaments de contrôle (ou traitement de fond)

Contrairement aux médicaments de secours, les médicaments de contrôle ne soulagent pas immédiatement les symptômes. Ils agissent lentement et sont efficaces à long terme pour réduire l’inflammation et la fréquence des crises. C’est pourquoi il est important de les prendre quotidiennement.

Corticostéroïdes. Les corticostéroïdes aident entre autres à diminuer l'inflammation dans les voies respiratoires et, par conséquent, la production de mucus. Ils ont aussi un effet bronchodilatateur. Ils sont généralement pris à petites doses en inhalation (pompe), sur une base quotidienne. Le médecin prescrira la dose efficace la plus faible possible. Ils peuvent aussi être pris en comprimés en cas d’asthme grave. Qu'ils soient pris en inhalation ou en comprimés, ils agissent de la même manière, mais l'inhalation permet des doses beaucoup plus faibles et moins d'effets indésirables. Cette catégorie de médicaments est la plus efficace pour contrôler l’asthme. Leur effet se fait sentir après quelques jours d’utilisation.
Effets indésirables : Pris en inhalation et à dose modérée, les corticostéroïdes ont peu d’effets indésirables, même s’ils sont pris sur une longue période. L’enrouement de la voix et l'apparition de muguet (ou candidose, qui est une infection par des levures qui apparaissent sous forme de plaques blanches sur la langue) sont les effets secondaires les plus fréquents. Ils peuvent être généralement prévenus en se rinçant la bouche après l'inhalation de chaque dose. Les corticostéroïdes en comprimés ont des effets indésirables plus importants à long terme (fragilisation des os, risque accru d’hypertension et de cataractes, etc.). C’est pourquoi ils sont réservés aux cas d'asthme grave, réfractaires aux autres traitements.

Bronchodilatateurs à action lente. Ceux-ci sont prescrits lorsque les corticostéroïdes inhalés seuls ne suffisent pas à contrôler les symptômes. Cette catégorie inclut des agonistes-bêta2 à action lente. Les agonistes-bêta2 à action lente sont utilisés en combinaison avec un corticostéroïde. Il existe des inhalateurs combinant les deux médicaments, qui contient du budésonide et du formotérol). La combinaison fluticasone/salmétérol, peut aussi être utilisée comme médicament de secours, même si elle agit également sur l’inflammation à long terme.

Antileucotriènes. Pris oralement, ils diminuent l'inflammation causée par les leucotriènes, des substances qui contribuent à la réponse inflammatoire. Ils peuvent être utilisés seuls ou en association avec des corticostéroïdes inhalés.

Théophylline. C’est un bronchodilatateur qui permet de relâcher les muscles des voies respiratoires. Elle est utilisée assez rarement, car elle entraîne beaucoup d’effets secondaires (troubles digestifs, carence possible en vitamine B6). Elle peut être prescrite en cas d’asthme grave et difficile à contrôler, sous forme de comprimé à prendre au repas du soir.

Anti-immunoglobuline E. Cette classe récente de médicaments est destinée à traiter l’asthme allergique chez les personnes dont l’asthme est difficile à contrôler avec les autres traitements (notamment les corticostéroïdes à forte dose). L’omalizumab (est le seul médicament de cette classe disponible en 2010. Il est administré en injections sous-cutanées 1 ou 2 fois par mois.

Il est vraiment important d'utiliser votre médicament de contrôle conformément aux indications du médecin, même en l’absence de tout symptôme. Si vous ne l’utilisez pas régulièrement, l’inflammation des poumons persistera et vous serez plus vulnérable aux crises d'asthme.